Sixty Six, la Vie que j’ai aimée … (Partie II) – chapitre 9

9 – Kobaïa !

Magma « Kobaïa »

Magma- Kobaïa (1970)

kobaïaDe concert en concert, je suis allé voir un groupe qui émergeait à l’époque dans le domaine du Jazz-Rock, son nom Magma. Un grand coup dans le cigare. Ils avaient inventé un dialecte à eux avec des sonorités qui m’ont ravigoté la carcasse. Puis j’ai basculé dans le Free-Jazz tout en continuant à écouter du blues et du rock. Ma culture musicale s’affinait et se développait pour s’ouvrir vers d’autres horizons. Mais j’avais toujours pas retrouvé mon autre moi-même. Puis au détour d’un chemin, je t’ai trouvé. Ouf, j’vais pouvoir récupérer ma caverne. Tu revenais du Maroc, c’était ton deuxième voyage. T’avais fait l’plein de pollen africain caché dans une cartouche de Dunhill. L’Gros t’avait accompagné cette fois là. On s’est retrouvé à la terrasse de la Poste, un troquet avec tourniquet, à bouffer des cacahouètes et en se racontant nos épisodes de tranches de vie et nos péripéties hasardeuses. Salut mon Pierrot, direct j’ai fais ménage avec toi et empiété ton studio à une place sous les toits. C’était une bonne année, j’ai fait la connaissance de deux personnes qui ont marqués ma destinée, toi et celle qui est toujours à mes cotés. Vais avoir de quoi aligner des mots et crépir de la matière à l’ouvrage.

Bernard Lubat « Los Gojats »

Compagnie Lubat – Los Gojats (1994)

LUBATOn avait chacun son boulot et les soirées se passaient à reconstruire les tabloïds du banal quotidien. Chez la mère Grenu qu’on vivait, enfin c’était la taulière proprio des lieux. On connaissait sa jouvencelle, une frangine qui tenait un rade sans alcool. On n’fréquentait pas la taule sauf pour le ravitaillement de not ordinaire. Hé oui, on trouvait d’tout dans cette cale, enfin toute sorte de revendeurs de produits anesthésiants. Vous avez dit illégal ! et l’tabac vous en pensez quoi ? Bons moments d’égarements, le désordre quoi ! Mais pas d’affolement, même si les traversines de ma petite vie batifolaient. J’gardais l’contrôle de mon journalier. C’est c’qu’on dit en tout cas. Bref du soleil dans nos hures de jouvenceaux de vingt piges. La tirelire toujours au beau fixe et l’nez dans nos pensées bien aiguisées. J’ai bien aimé l’fortifiant de c’t’époque, y avait pas d’huile de palme qui bouchait nos méninges. A contre pouvoir et toujours la hargne de l’autorité, ça m’fait du bien de l’dire. J’ai toujours été ainsi. Bref avec l’Pierrot on se complémentait avec nos idées senestres et déviées. On tapait dans l’inélégance de la plupart des concitoyens qu’on rencontrait. Fallait taper fort pour rentrer dans notre assemblée de p’tits loups. On s’croyait insubmersibles. On l’était.

C’était le règne où l’Pierrot sonnait dans l’Hallyday et donnait des concerts avec le Gros comme gratouilleux dans des guinguettes du samedi soir. Moi j’étais toujours dans le Free-jazz et j’ai compris bien des années après, que l’Jaunis était un super mec et un magnifik interprète de rock. Ma zik de toujours. Le prestige de la scène toujours au firmament, le sublime pour ses fans.

La bande c’est quand même étoffé par l’apport de joyeux drilles venus d’horizons différents mais consanguins de nos raisonnements. La maxime similaire au coin des lèvres. Entre-autres l’Frâcisse, un rêveur toujours dans ses songes et quelques autres analogues, conformes au mouvement du moment qui venaient, repartaient, reparaissaient et rappliquaient le moment voulu. Des cigales à la Lafontaine, du bon cru, c’était notre bande d’écervelés extravagants sans chef. La bande à Bénin qu’on s’prétendait, en suivant notre poêt-poêt du moment, un type qui vivait dans l’alternative, un chantre de notre génération de contestataires. Son propos : « Il faudrait toujours pénétrer les gens par leur porte de service » était notre bannière. Notre oriflamme à jamais gravée dans nos pensées. J’ai aimé et toujours savourer ces mots. Merci M’sieur, tu m’as sculpté l’esprit. Et pis toujours d’actualité, tes lyrismes. A écouter, y a pas d’surdose ! Les comptes sont bons, pour vivre on décourbait notre dos et on bandait pas devant des pissotières comme  des gens qui se pénètrent sans se présenter. Un style de vie, un style de pensée.

Maurice Benin « Je Vis »

Môrice Benin – Je vis…(1974)

La clique s’amusait de tout, les wâcances ensemble, les bonnes boufs, les feux d’camp, la zik, les labeurs et la fumette. La fin des années seventies pointait son appendice olfactif et chacun a fait fourrage d’une nouvelle compagne qui devait partager nos délires.

Je t’ai rencontré dans un tiot bal, un guinche populaire, un pince-fesses où la kanter se servait dans des gourdes de trente-trois centilitres et où le jus de treille blanc avait des odeurs de sulfure et te déglinguait l’cerveau l’lendemain matin avec le trou noir du keke j’ai fait man.

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