L’Eurélienne du 6 au 8 avril 2018

img_0143Discrètement le beffroi de Pâques m’a sorti de ma douce léthargie hivernale. Le plantigrade bourru et acariâtre que j’suis, a quitté sa tanière avec douceur et mélancolie pour rejoindre l’appel de la forêt et celui des clabauderies du monde biker. L’était temps. Au contraire du grizzly et avec l’âge, en hiver j’fais d’la graisse et d’la panicule adipeuse que j’arrive plus à perdre. C’est l’choc des continents et du trou de la couche d’ozone, celui des supermarchés, enfin c’est c’que j’ai cru comprendre. Mais cela m’inquiète plus, j’ai passé l’cap. Et pis j’ai pas envie d’arrêter d’m’faire plaisir le crémeux. Un empâté c’est toujours généreux. Qu’on se le dise, à chacun son grivois.

Petit tour sur le forhum, y a une ballade de prévue vers Orléans, l’Eurélienne. C’est à moins de 500 bornes de mon alvéole, et pis y a des potes dans l’coin qui fabriquent de l’anisette et des autres que j’ai pas vu depuis la fonte des glaces. C’est un bon rituel pour brûler les lipides accumulés sur l’canapé d’la TNT. Les zorganes génitaux me démangent le cerveau en forme de phalus, par manque de bitume et de jolis ronrons de ma rossinante flamboyante. J’suis certain qu’y aura du beau monde qu’attende comme moi la réapparition des beaux jours et la fermentation des nouveaux breuvages. En plus j’connais les zorganisateurs, y vont s’tordre en quatre, y a pas d’lézards, c’est l’tiercé dans l’ordre assuré. J’m’inscris, on va y dégringoler à quatre Lorrains comme des mousquetaires avec les deux Dédé et l’Pat, que j’ai réussi à dessouder de sa moitié. C’est con un run quand tu t’inscris, faut attendre, tu peux pas partir tout d’suite, bin oui c’est pas encore ficelé. Alors t’as l’généreux qui fourmille et tu fais chier tout l’monde qu’est pas comme toi. C’est encore à cause de la couche d’ozone ou du déficit androgénique lié à l’âge. Littérature médicale ou paroles de bernardines converses.

En bons dignitaires, on décide de s’équiper de noreillettes et de parleurs à micro, afin de plus s’engueuler quand qu’on s’perd sur des petites routes sans panneaux. Ouais, ça arrive de temps en temps, même des fois souvent, enfin toujours quand qu’on roule à plus d’une personne. C’est la destinée d’un chevalier de l’route. C’est comme ça, y a pas d’explication, y pis ça fini toujours devant un verre, alors autant rester sobre. Non ! Alors on s’équipe chez les tongs et on achète les mêmes pour éviter les probs…Un mois qu’on a eu pour se connecter ensemble, mais on a fait ça sur le trottoir et on a perdu une demi-heure à se chicaner la gourmande et à se savonner comme des luthiers. J’entendais bien l’Dédé et sa femme qu’était pas raccordée à nos binious. On a réveillé tout l’quartier alors que nos brelons ne fredonnaient encore pas. Pendant deux kilomètres tout marchait bien, « tu m’entends bien – ouais j’ tentend – et toi tu m’entends – ouais j’tentend » et les 1100 bornes suivantes, le vide sidéral complet. Quant au GPS, t’avais l’impression qu’il te parlait dans un hygiaphone de la poste. Ou alors j’avais du mandarin avec l’accent du jura comme dialecte. J’ai vite abandonné. Les haut-parleurs m’ont court-circuité les membranes à force de m’appuyer dessus. Rien de tel que le téléguidage gestuel : gauche droite, pipi et soif, toutes les langues connaissent. Énervés et en retard, on a enfourché nos bécanes pour rejoindre le Vosgien qui devra nous attendre. 4 degrés qui faisait, mais on avait des armures appropriées garnies de damart de grand-môman et le ciel était limpide sans brouillance. On a bituminé à foison avec heures sup non payées. Tin que c’est bon de quitter la chaumière et d’aérer nos encéphalos. La stéréo de nos V-twin et le touché de l’entrecuisse de nos réservoirs nous transportaient au pinacle du bonheur. Encore de l’érection en vue à nos archaïques squelettes. Pas besoin de sono interne pour se dire qu’on était bien, ça se voyait comme un pif dans l’paf ou vice versa. On s’entre jouissait mutuellement comme des frangins. Le premier run de l’année doit s’ mériter, et pour nous, pas besoin de sortir du confessionnal pour avoir l’absolution, on était tout simplement heureux de vivre et de rouler la gueule au vent frais. Peace my friend. On a retrouvé l’Vosgien avec une plombe d’retard. Pour un non cloppeur, y fumait. Mais comme c’était l’heure de l’hostie, on a trouvé une gargote avec vue sur le parcage de nos bestiaux. Bière, buffet à volonté et paella (on aurait dû lire le topo à Cosette not gentille zorganizatrice). Mais quand qu’on aime !

Après la bombance on a recopulé nos destriers avec ardeur et dextérité en direction de Sens qu’on a voulu traverser par une tiote nationale qu’on a jamais trouvée. ¾ d’heure à tourner en rond pour usiner trois kilomètres. On a repris l’autobahn sur à peine 50 bornes et mon Dédé qui s’endormait nous a sorti de cette nasse afin d’expérimenter son new DomTom. Sauf qu’on s’éloignait de plus en plus de not destination et y voulait rien savoir l’bon Dédé. Quand on s’est retrouvés sur un chemin de cueillette à champignons légèrement tourbeux et jonché de trous d’obus de la guerre de 14, on a fait demi-tour pour voir un énorme cerf gros comme un bison à l’haleine acrimonieuse qui nous regardait avec envie. Du véridique et du vécu, y a que moi qui ai vu le wapiti. J’me demande si j’fais pas une démence caractérisée par un abus de saccharhum. En tout cas j’l’ai vu le cervidé. On a repris la route à barrières payantes qui s’ouvrent automatiquement, bin oui maintenant on met les badges à l’endroit dans la pochette. C’est con, mais c’est pas marqué dans la notice des voleurs d’autoroute, vu qu’il n’y en a pas….de manuel. Après Orléans qu’on a évité, 50 bornes dans l’Perche entouré de petites rivières et de lacs à poiscailles. En tout cas, région qui porte bien son nom et ce n’est pas un leurre. Sans presque pas beaucoup de difficulté, on s’est retrouvé devant le caravanage. Y avait le brave Thunder devant l’entrée, assis sur son Road King tout rouge, lui aussi d’ailleurs. Normal, il était là depuis l’matin au soleil, Cosette avait prévu qu’il ne se déshydrate pas. Un parasol aurait suffi, mais pas le même effet. En tout cas la classe, comme à un anniversaire de minos avec des ballons multicolores pour indiquer l’entrée. Mais moâ j’préfère l’Franck, au moins il dit, « c’est par là ». Sa charmante typesse nous a accueilli les bras chargés de kados : une lampe à led, un stylo, 50 gobelets estampillés anis du futur et la clé du palace. J’avais l’ 98 avec Lolo, l’Pierrot, les frères siamois Philou et Hervé et mon Dédé. Pour un coup les chalets étaient presque dans l’ordre, fallait juste trouver le 99 qui était à côté du mien, mais y avait pas de 97. Ha les archis de camping, les allées sont toujours en rond et se ressemblent toutes, et le plan est toujours devant la réception que tu trouves le jour où tu décanilles. On s’demande quand même s’il y a une raison. Bon les yourtes, toutes neuves, nickel chrome, rien à r’dire. J’connais un loueur de cabanons défraichis qui devrait prendre exemple. Aparté qui ne renvoie à aucune parlote de ma part. Un détail quand même, en bon voyageurs que nous sommes, la première chose que nous faisons après avoir coupé nos montures c’est de vérifier le bon fonctionnement de la machine à boissons fraiches. Horreur la frigorifère était éteinte !!!! A six qu’on s’est mis. On a sorti l’outil de son emplacement pour voir s’il était branché, quand on sait que dans ce genre de structure, faut des doigts de fée, que nenni, désespoir, la chambre froide était de plomb. Très, très longtemps après on a solutionné le chaos, il y avait un interrupteur dans les latrines à hauteur anormale qui était sur off. Ce doit être le même architecte qui construit les rues de camping. Une chouannerie qui pourrait te pourrir un week-end de rêve.

Bon le reste vous connaissez, des bises et des tapes dans l’dos, des verres qui se remplissent d’amitié et des glaçons qui vous réchauffent le cœur. Le bonheur à l’état pur, la camaraderie sans enrobage, du Brother Hood sans gavage. Mon médoc sans anesthésiant, j’en r’demande mes frangins. Les Orléanonais, les Bourguignons, les Jurassiens, les Parigots et autres régions qui ont changé de noms se pointe au 98. On dérape et on arrive en retard à l’apéro, le vrai. Re bises et tape dans l’dos avec les mêmes et les autres, on s’emmêle, on veut pas oublier de se saluer. Alors on recommence plusieurs fois et on renverse un peu nos rasades sur les bottes du frangin. La binocle tient bon la barre sur les flots de la confraternité. L’estime est au rendez-vous et fait bon effet. La Cosette nous congratule, l’Franck et l’Pat nous évitent la restriction et nous portionnent comme des dieux aidés par l’Philou avec ses breuvages anisés venus de temps lointains. Dieu que c’est bon ! A un moment on s’entend plus jacter, c’est signe de passer sur le guéridon des victuailles. Une immense paella faite maison et cuite sur place sur le madrier de la salle commune. Nos stomacs gorgés de liquide à températures différentes voulaient s’éponger. Ça tombait bien, il était l’heure de chipoter l’morceau. Et pour brouter on a englouti l’poêlon à la bouillabaisse espagnole, comme dans l’auberge. Cresson, fermage et pommé sur mandale de tartignolle ont assoupi nos jabots. Dans un coin de la cambuse se trouvait une table ronde d’un certain diamètre non moins conséquent. Le pupitre était recouvert, que dis-je, tapissé de bouteilles aux doux noms qui sonnent dans nos bulbes au réveil, venues de contrées reculées. T’avais pas la place pour poser ta fiole et te servir, sauf en fin de soirée ou tôt le matin. On a refait la route à l’envers, du coup rien inventé et pis on est allé se pioncer tranquillou. Sauf qu’il avait plein d’monde sur la terrasse du 98. Pas prévu ça ! hein ! alors rebelote et le dix de der c’est l’99 qui en remettait une couche avec un whisky du breton qui venait de s’envoyer le coin de son chalet. On a juste déplacé les chaises du 98 au 99 qui étaient dans le bon ordre. Sais pas si l’campinge a bien dormi c’te nuit. En tout cas y a eu de la voix portée et quand nos goulées ont cessé de carillonner, il y a eu beaucoup de fredonnements nasaux. La fatigue nous avait terrassés.

Dans un bivouac comme le nôtre du style aborigène tout en rond, because l’ordonnancement de la structure faite par l’architecte bizzaroïde, le premier qui cligne du noeilnoeil crée un mouvement d’air qui réveille everybody. Même à des lieux à la ronde, t’entends la chasse d’eau du voisin ou le bruit d’une fermeture éclair. Moâ l’pierrot, y m’a sorti de ma chimère avec un état mental proche de la ligne droite sans à-coup, le zéro de l’infini, le « y m’manque 6 heures de somnolence ». En plus avec un air qui te traverse la boutade où t’as plus d’impulsion ni de production, un spectre qui te laboure le cervelet avec une légère tendance à partir en boucle. C’était « Martine Boude » de Bashung. J’ai eu du cul, j’aurais pu tomber sur Jeanne Mas, mais j’connais po les paroles. En plus des Martines, y en avait pas sur le campus. P’tet bien la jolie Margaux, la serveuse de riz et de houblon à qui j’avais donné mon numéro de chalet, mais qui ne l’a pas trouvé, un coup de c’te con d’architecte. Bref, 7h30 du mat, un horaire que même ma montre a pas les chiffres. D’toute façon, c’est le même vacarme que quand tu t’es couché 3 heures avant. En plus le chalet y tournait, y avait du monde aux gogues et la salle de nettoyage était occupée. C’est des détails, mais cela a de l’importance, alors tu sors sur la terrasse pour te rouler un clope, tu marches sur un truc qui pique, t’as pas trouvé tes bottes, tu trouves pas ton zippo. Alors un poto te tend le sien sans bruit, tu le regardes sans dire un mot juste avec un très léger geste de la tête. Et t’aspires, tu lèves les yeux et t’aperçois tes autres moi-même sur les balcons voisins. En fin de compte c’est bien les rues en rond, tu peux contempler ceux de ta race dans le même état de levage. 2 ou 3 roulées, quelques verres d’eau avec fond de breuvage de la veille, un alka et tu refais le tour des portes fermées dans l’ordre ou ça s’ouvre. De diou les odeurs du matin dans un quartier de 6 mâles en décomposition. C’est le mal de mer assuré, en plus j’ai pas l’pied du moussaillon. Alors une fois nettoyé, vidangé avec des guenilles froissées mais propres, tu vas au petit dej. Là aussi, le campement en rond c’est bien. Car si tu pars du mauvais côté, t’arrives toujours à la cambuse, certes un peu plus de marche et même si tu fais 2 tours, c’est bon pour le cœur. La salle à saucière était remplie de congénères, des frérots moines, tes semblables. Et pis la Cosette avait fait fort pour nous retaper. Café, thé, jus d’orange, d’la viennoiserie à profusion, du bricheton frais, d’la confiote de toutes les couleurs, du cinq étoiles. C’est ça le HOG, non y avait pas de klaxon à sirènes de luxe ! La caillette et l’gésier bien remplis on sort pour se congratuler et là les décibels commencent à monter comme tôt ce matin. C’est parti on est chaud, la pompe à huile est au max. Sauf qu’il pleut des cordes. Sagement on décide d’attendre la fin de la gerbe à ciel. Alors on papote entre nous sous l’œil haineux des camping-caristes. Allez savoir pourquoi. En plus on bouchait le passage avec nos bécanes, bin oui dans un rond, t’es obligé de passer devant nous. Y z’on rien dit, d’toute façon on aurait pas entendu. On discute le bout d’gras de la soirée, on raconte aux ceusses qui ont oublié ou qui ont eu un trou noir. Ça arrive aussi. J’tape le bréviaire avec Lolo la femme à Lolo (c’est bien les prénoms similaires, tu peux t’gourer d’personnes) et Cricri, des régulières de 2 potos. Elles sont enchantées de leur première ballade. Elles reviendront. Faut pas trop l’dire, car on va être envahi. Bin oui on est des mecs doux, accueillants, charmants et séduisants sous nos armures patchées et tatouées. Très tôt dans la matinée vers les 11 heures, le staff nous demande de s’équiper en vue de se diriger vers le resto du midi. Pas d’chichi, tout l’monde s’affaire, faut pas déconner avec la convexité de nos enflures. Faut faire le plein de bombances. On enfile nos condoms étanches légèrement brulées par les échappements et en convoi, guidé par nos vaillants voltigeurs, protecteurs de la horde sauvage, direction la gargote à une heure, par des tiotes routes. On a graillé chez Rémy et Julienne, 2 frangins cascadeurs de guinguette, un en cuisine et l’autre en salle. Des maîtres queux, des rôtisseurs d’un marmiton étoilé en bref le savour club. En entrée un œuf mimosa revisité du style poussin autruchien, puis pintade aux pignons et religieuse revisitée. La religieuse, j’pensais sentir le Christ, mais en fin d’compte pas d’goût particulier de philanthropie masculine mais plutôt une soutane légèrement entrouverte digne d’un lointain phantasme refoulé. De l’hostie puritaine, mais j’m’égare et ma femme va bondir et rugir de plaisir. Osez Joséphine !

A la sortie du resto l’Phébus était au zénith dans le ciel Perchois, un pur bonheur, plus besoin d’préservatif, on roule découvert. Julien et Rillette, les 2 frangins de la toque nous détroussent le portrait du haut de leur balcon. Ils prennent leurs pieds comme nous autres. La girandole s’échappe pour deux heures de bitume sauvage à travers des contrées légèrement vallonnées et rutilantes de lieux historiques. RV sur Wikikipediatre en tapant Perche, pour plus d’infos. Me suis régalé l’saucisson, que dis-je, le fuseau Lorrain. Quand Alexandre le Bienheureux eu envie de se déprostater et d’autres commençaient à avoir une légère fièvre de gorge ou plutôt une altération d’un désir prononcé à assouvir une langue gonflée par le zigue qui nous narguait au plus haut des cieux, le charroi fit halte chez un brasseur indépendant. Ça c’est de l’organizatione. Moi j’ai pas écouté les plications, je sais qu’il a 90% d’eau dans la liqueur de malte et de houblon. J’attendais la gustation. Pas déçu par l’artisan, sa came est nickelle, surtout l’Eté et l’Hiver, il a fait que 2 saisons, j’sais pas pourquoi. Y avait d’autres noms, mais j’ai pas retenu, j’ai gouté quand même, faut pas gâcher la bonne pacotille. Retour au bivouac en passant par la case benzine, donnez 15 euros et rejouez pour la soirée à venir.

Petite précision, le déjeuner se situait à l’Auberge de l’Abbaye de Thiron le Gardais, au cas zou !

Quand j’suis arrivé à ma cambuse, y avait encore des potos qui tournaient pour chercher leur guérite. On change de fringues ou plutôt on vire les bottes qui pèsent une tonne en fin de journée et on s’attable au 98 pour une tite mousse de complaisance et de bonheur. Quand je dis une mousse, c’est la quantité qu’on boit à chaque fois, vu que nos goulées ne contiennent qu’une toute petite burette. Bref, encore une fois pas de tocsin dans le campement, on passe l’heure de l’apéro et on se pointe en retard et en chantant au lieu des réjouissances de l’allégresse et de la jubilation. La table de la veille avait été à nouveau retapissée par de nouvelles fiasques aromatisées et de pichets bien frais. Du bonheur à l’état pur, presque aussi bien que de garder ses petits-enfants. C’est pas les mêmes cris, en tout cas beaucoup moins aigus. On se refait l’excursion ou la trotte de l’après-midi avec moult explications et détours. Celui qu’a frotté l’carter, l’autre qu’a étincelé, les ceusses qu’on rien vu etc…Dans une vadrouille y a toujours keke chose à dire, surtout quand ton godo est plein de bonnes bénédictines. En contre bas, dans la verdure, de braves gueux nous mijotaient un cochon de lait à la broussaille. T’aurais vu la tête du paillard, bronzé comme au Club Med. Le libidineux se laissait braiser avec douceur, il avait même un léger sourire de bombance et de rissole. La mitonnerie à son apogée. Quand l’égrillard fut à point, l’Germix beugla un grand coup et tout l’monde s’attabla sans mot dire. La p’tite Margaux nous servit une bonne assiettée de gratin Dauphinois accompagnée de plusieurs tranches de pourceau crémeux à souhait. La bâfre remplie de grognements jaculait dans le portique. Fallait voir ou plutôt entendre les gémissements dans l’abattoir. Du délire, on a laissé que les sabots du malpropre. Au dessert en forme de logo de notre marque préférée, un groupe des sixties est venu nous égayer les esgourdes. Le plus vieux âgé de soixante-dix-sept ans avec son frangin plus jeune de deux ans, un autre proche des seventies et l’batteur un jeunot de quarante berges nous ont sorti des morceaux venus de la postérité et de générations que les plus jeunes connaissent pas. Du Shadows, Creedence, Rolling, Bowie et l’tutti, on a enfourché les chaises comme des canassons et vroum, tour de piste en levant les bras au ciel. Challenger Dodo qu’il s’appelaient. Des tueurs de santiags. Les éthylomètres ont giclé et les durites chauffaient. De la surchauffe cérébrale, pire que nos Twin Cam. On a gueulé, chanté, bu, roté jusqu’à tard dans la nuit ou tôt le matin, avec retour au 98 pour le dernier de l’amitié. Les campeurs on rien dit. J’ai loupé l’entrée dans le sac à viande, comme d’hab. J’ai dormi de suite dessous, pas eu froid, dormi habillé. T’es assuré de pas choper une indisposition ou un malaise. Le réveil s’est effectué plus sagement à une heure plus respectable pour nos vieilles carcasses. Passages obligés dans un ordre plus ou moins incertain vers les lieux d’aisances et vespasiennes puis petit-dej comme celui de la veille. Retour au 98 pour préparer le baluchon et rien oublier. Toujours le même bordel pour rentrer dans sa peluche qui rétrécit la nuit le sac de couchage. On se bise et on se tapote le dos en se glissant « à dans 3 semaines pour le métinge ». Le soleil était de la partie, il nous a cajolé tout le retour, on a pris la route à gros euros et on est rentrés en sept heures. La caboche pleine de bons souvenirs, de ravissements et d’appétit pour remettre ça. Surtout la satisfaction et les bienfaits de côtoyer des autres moi-même.

Merci Cosette, Thunder, Pat, Alain, Irwin, JJ, Mignard et sa belle, Senshei, Polikarpov pour cette belle rencontre FPH.

Mieux serait mal, bises les frangins.

5 réflexions sur “L’Eurélienne du 6 au 8 avril 2018

  1. COLETTE DELAUNAY

    Comme c’est agréable de lire ces virées entre copains. Je découvre cette façon d’écrire à la Audiard.
    Merci à mon ami Pierre de m’avoir fait connaître ces personnages hors du commun enfin du mien !
    Continue, cher Ted, à nous enivrer de tes mots. Merci.

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