Sixty Six, la Vie que j’ai aimée… (Partie I) – chapitre 1

1 – Le Pylogue de la fiction ! 

Raoul Petite – Faut y aller (2003)

J’ai 66 ans the Road Life, la Mother Road des pèlerins du deux roues à moteur Twin Cam, le décor est planté. Ouais j’roule Harley et j’ai presque connu que ca, j’ai pas honte au contraire. Du bonheur et des frangins tout au long des petites routes et des aventures qui me redonnent de l’envie de vivre toujours autant. Faut qu’ca dure un max et j’mettrai des images et de la zik suivant mon humeur.

Hier encore j’avais quatre amis de quarante cinq ans, trois sont morts ou tout du moins ils ont quitté mes chemins de traverses. Ils sont toujours en vie, c’est rassurant pour eux. Mais pas pour moi, la blessure a été profonde. Des nuits d’insomnie, de cauchemards et de questions sans réponses. Dur à cicatriser, pas de guérison possible dans l’immédiat et j’veux pas consulter chez les charlatans qui se fonctionnarisent.

Le premier a quitté ma route depuis une dizaine d’années, tout doucement, j’me suis aperçu de rien. Plus de communication, p’tet que sa bidochonne de femme y est pour quelque chose. Allez savoir, m’en fiche un peu, on avait perdu l’osmose de la petite lueur dans l’œil, la maladie s’est installée p’tit à p’tit. Quand j’m’en suis rendu compte c’était trop tard. Il donne dans le sport à donf, matin, midi et soir. Comme j ’suis pas sportif du coté musculaire on a divorcé par consentement mutuel sans explication.

Le second, idem depuis deux ans. Lui la tête dans le sable, il voulait pas affronter ses problèmes, le crabe a pris possession de son corps. J’suis resté présent, opérations, guérison, reprise du taf et puis des absences de plus en plus longues et le cordon ombilical a lâché. Adieu man et bonne route, t’en aura besoin comme moi. Certainement un grand pêcheur devant l’éternel, tout dans le non-dit et l’apparence. Un grand bide.

Le troisième, mon frangin mon autre moi-même. On fumait les mêmes merdes, on écoutait les mêmes ziks. Les retours de soirées dans les rades profonds s’effectuaient épaule contre épaule et bras dessus bras dessous, quelques fois la main dans la main. Quand on est minable….bin nous on faisait pas semblant. Impossible à raconter, la mémoire des deux cotés est partie aux oubliettes. Mais d’après ce qu’on nous a dit, c’était quelque chose. Et pis comme dans toute religion, la notre c’était la teuf, le père Judas a pointé sa carcasse sur des conneries de psycho-rigidité. Il est parti de son coté, branché TNT. Peux pas m’étendre, c’est trop douloureux.

Le quatrième est toujours dans mon cœur. Faut bien terminer sur une note de gaité. Un écorché vif, un trublion comme je les aime, libre de pensée et de valeurs. Droit comme un I, un anarchiste de la vie, une valeur sûre d’amitié. On s’voit plus trop, because les kilomètres, mais on se sent et on se hume le bon temps de nos valeurs. Nos pensées se rejoignent et s’affrontent avec toujours autant de plaisir. Change pas brother, t’as raison on les emmerde tous et vive la nique des vieux chien galeux. C’est not vie, celle qu’on nous envie et qu’on nous jalouse. Pas de préavis à notre fin.

J’m’ pose des questions sur moi, sur ma façon de parler et ma façon de croire en l’amitié. Pas de réponses pour l’instant, certainement que je dois avoir ma part de responsabilité, mais tout le monde est muet. Y a pas de deuil, mais j’irai plus m’attabler au festin. J’ai fermé la porte, trop attendu. Démoralisé je continue avec mes autres frangins issus du Brotherhood.Go out, j’ai décidé de continuer à fond jusqu’au dernier souffle. C’est mon credo, mon fil d’Ariane, ma fusée, ma façon de jardiner mon esprit, la peace  de mes antécédents d’hippies et de freakers. Mon Sacha show façon Averty. J’ai toujours aimé la lumière artificielle de mes nuits et de mes rêveries. What Else mister cacao. Donne moi encore un peu de fumée pour mon spirituel et quelques degrés à ma liqueur de vie. J’suis comme ça et j’ai besoin de ça pour lubrifier ma vieille carcasse. Tchin, j’m’en ressers un autre, j’ai pas d’travail fictif moi, j’suis dans l’affectif sans demi-mesure. J’ai un poste d’attaché à ma vie peu vertueuse comme ils disent. Et le tout sans salaire de complaisance. J’ai la hargne des banquiers véreux qui nous dirigent dans l’ombre. Allez mon Pierrot on va reprendre les armes celles des mots qui donnent des maux à ces verrues du système. Et pis après on se refera derrière le comptoir un monde meilleur, et tu verras que bientôt le troquet sera trop petit pour accueillir nos semblables. On grandira, j’t’l’dis !

 

40 réflexions sur “Sixty Six, la Vie que j’ai aimée… (Partie I) – chapitre 1

  1. FUNES CHRISTIANE

    C’est un vrai roman…comme on les aime, qui sent le vécu,et ça rappelle tout droit les jeunes années,(j’ai juste deux ans de plus que vous). Je pense que vous lire peut absolument devenir une drogue, alors vivement la suite, et droguons nous ensemble, sans retenue et avec beaucoup de plaisir. C’est en plus merveilleusement écrit, je crois que je deviens une vraie fan. Merci beaucoup, et à très bientôt.

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  2. Patrick POWLMARRY

    Je suis Estomaqué, un dessino qui a la plume de Baudelaire & Nikolaï Gogol
    Le tout dans du papier d’Arménie un régal, on ne se lasse pas, Ben Gauthier que j’admire n’en fera pas mieux.
    On retrace on rêve d’avoir fait sans regrets.

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  3. Atila

    Il est 4#00 du mât j’suis devant mon bol de céréales et mon café,bien dégouté des heures qui vont suivre,le taf quoi bin obligé ch’suis anar mais pas assez semble t il,j’ai laissé tomber la créte depuis belle lurette.j’attrape mon phone pour zieuter vite fait les dernières conneries généralement inintéressante à souhait de face de bouc ,je tombe sur tes écrits,j’me dit allez vite fait quelques lignes,je suis déjà à la bourre sa va me mettre du bôme au coeur et j’y repenserai derrière le cerceau de mon gros cul toute la journée .putain mais merde c’est pas d’la blanche mais qu’est ce qu’elles sont adictivent tes putains lignes( je sais sa fait beaucoup de putains)j’doit allez au bout et voilà j’y suis,au bout et à la bourre,mais merde faut que je commente vite fait un p’tit truc pour dire Cool,Merci,D’la bal,Sa ma plus quoi.Merde là faut qu’jy aille,j’descent mon caf d’un trait vite fait (il est froid ,sur maintenant) j’enfile mes grolles,mon blousons et go,dans la 4 roues merde tu ma juste donné envie de sortir le twin du garage,mais bon c’est l’hiver et l’âge me fait devenir prudent,a bientôt Mano, au plaisir de te relire à nouveau

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  4. L’œil vif et la barbichette frétillante, des mots qui sortent comme une fontaine de jouvence. J’prendrais bien encore un godet avec toi, tu sais un de ces godets tombés sur la route et récupéré de justesse avant qu’un gros cul ne roule dessus.
    à la revoyure mon poto.

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  5. Hugues

    Plein de poésie, de mélancolie et de tendresse … Ne change rien !!!
    Même si parfois tu penses n’importe quoi,
    Même si souvent du dis n’importe quoi … Ne change rien !!!
    Ton sourire, ton optimisme, ta gentillesse
    et l’étincelle dans ton regard rachètent tout le reste … Ne change rien !!!
    Amicalement
    Hugues

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